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L'ARBRE A ECRANS
prose [ ]

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by [Reumond ]

2022-08-13  |     | 




Illustration : L'ARBRE A ÉCRANS (2022).


À Pierre Rabhi ( 1938-2021)


Certains transhumanistes le prenaient à tort pour l’arbre de la connaissance, mais il était en fait un écran de fumée.


Avant-propos

Comme toujours, plein de bonnes intentions et de « hautes résolutions » comme ses télé-viseurs, dès le commencement de la fin, l’homo sapiens créa le feu et la modernité, tout comme il créa la pointe de flèche et les techniques de pointe.

Ainsi il créa les tubes cathodiques afin de prêcher les lumières par le monde entier ; qu’il y ait partout de nouveaux luminaires pour éclairer tous nos désirs sans borne.

Et cela fut ainsi, car l’homo sapiens aimait bien ça !

Par la suite, tout comme un nouveau dieu, l’homo sapiens créa de multiples écrans à « son image » en les créant évidemment « Image » et « Son » ; comme de nouveaux mi-racles technologiques, tels des signes marquants pour marquer les esprits et imprimer son empreinte sapienne sur les époques et les générations.

L'homo sapiens forma ainsi tous les écrans avec de la poussière de terres rares, puis il y insuffla ses technologies nouvelles et ses grandes processions de microprocesseurs et d’algorithmes, afin qu’une intelligence artificielle, artificieuse et arty vicieuse fasse de ces divers écrans tout comme des êtres vivants au cœur de nos demeures; tout comme une présence réelle et vivifiante, afin qu’il y ait de la vie, de la joie et des luminaires dans chaque maison, pour séparer les jours tristes des nuits cauchemardesques.

Des plus petits écrans au plus grands, des plus plats au plus performants, il les créa, et même des panoramiques, pour présider au travail et aux loisirs.

Puis, comme dans un Livre qui serait celui de sa propre genèse et de sa triste fin, l’homo sapiens bénit ses ingénieurs et tous ses ingénieux créateurs ainsi que toutes leurs œuvres maléfiques; leur souhaitant le meilleur tout en oubliant ou occultant le pire, sans négliger bien sûr, de monnayer chaque création, en leur disant bien de continuer ainsi :

"Continuez ainsi, soyez féconds et commerciaux, croissez et accroissez vos bénéfices, remplissez le monde, et n’oubliez pas de bien l'assujettir; de dominer sur les poissons de la mer, sur la végétation et sur tous les animaux de la Terre ; sur les oiseaux du ciel, les eaux et les forêts, sans oublier bien sûr tous ces reptiles soumis qui rampent le long des vitrines comme des consommateurs stupides."


L’arbre écran

Ni chêne au sommet d'une colline, ni roseau agité par le vent ; ni cœur d’aubier ni sève dans les veines ; ni exotique ni fruitier… Sous leur écorce de plastique, les écrans plats et trop carrés sont programmés à notre image.

Sous une lumière écrue dans un écrin high-tech au service de la robotique, du design et du marketing, chaque écran tire le rideau sur quelque chose d’autre ; il ne montre que pour mieux cacher, et cache les vrais cadavres de la technologie, puisque l’écran masque et que le masque fait écran.

La modernité et son monde à travers les écrans sauvent les apparences, puisque les apparences nous leurrent, tout comme les lumières nous éblouissent. Oui, tout comme les insectes sont attirés par la lumière, les lumières du monde nous fascinent et nous captivent; les écrans gâchent la nature et nous cachent le Réel comme des cachots. Partout, ils se multiplient comme des cellules cancéreuses, nous ferment à l’intériorité et nous enferment dans des applications qui nous endorment comme au parloir.

Les écrans nous mettent au secret et nous soumettent à la rançon des abonnements et des messages subliminaux.

Les écrans nous écrouent derrière des pseudos et des mots de passe; et en fonction de nos désirs et de nos activités, ils se vendent comme des barreaux de prison en se dressant en codes-barres.

Pour mieux nous pénétrer de fiction et de simulacre, les écrans sont des solutions parfaitement personnalisables .

À l’acmé du langage comme du mirage, peu à peu, inconsciemment, des logiciels et didacticiels nous programment et nous configurent à la matrice du monde.

Du smartphone à l’écran panoramique, le monde s’applique à nous partager ses multiples écrans, ce qui peu à peu dérobe à nos regards le Réel grand R pour le réduire à l’écran, c'est-à-dire à pas grand-chose, comme des boîtes de Pandore réduisent à rien l’espérance.

Comme des réseaux de neurones artificiels éclipseraient notre « vie intérieure ». Du GSM au GPS, les écrans comme des lits de Procuste nous limitent et restreignent notre conscience et notre libre arbitre.

Les écrans à plasma ne mettent en lumière que nous, nos ego et la fiction du jour ; ils nous illusionnent tout comme les barres son de nos écrans passent sous silence le SENS, l’essentiel et la substance même du Réel et de la VIE.

Les écrans seraient-ils nos nouveaux reliquaires ? Comme pour mettre en relief nos nouvelles icônes et autres idoles de la modernité ?

Tels des imagiers du monde aux mains d’influenceurs peu scrupuleux, des trompe-l’œil porteurs de clichés et autres préjugés des plus mondains.

Car les nouveaux jardiniers du Web sont des analystes et programmeurs hors pair; c’est la raison pour laquelle dans les pépinières d’écrans on ne trouve rien d’autre qu’un chancre de périphériques énergivores et lumineux comme des sapins de Noël.

Tout en sachant que "la rose n’a pas de pourquoi", on a tellement ratiboisé la nature que la nature semble se venger. Alors, ne faut-il pas d’abord reboiser nos esprits et repiquer des âmes plus altruistes sur un terreau d’humanisme retrouvé ?

Emmêlé dans une broussaille de fils et de câbles, les arbres à écrans ont un pied sur le Web et une cime dans les hautes technologies; leurs branches plient de plus en plus sous le poids des écrans ; mais ne vous y trompez pas, l’arbre à écran n’est-il qu’un écran de fumée avec des boutures USB et des bourgeons comme des bubons de Wi-Fi.

Feu, sécheresse, inondation et désolation, ne seraient-elles que les mamelles angulaires, chaudes, sèches et moites du monde ?

L’air de rien, l’air nous manque !

Moi-même je transpire à cause du froid qui règne en maître, entre le Ciel intérieur et les apparences extérieures. Malheureusement, nulle capture d'écran ne saisira l’Essentiel puisque nos mises à jour pour un Homme pleinement Homme et autre téléchargement ne saisissent que le mirage.com et l'illusion.net.

L’arbre à écran, c'est un écran de fumée !

Je n’ai plus de salive et plus de larme pour pleurer, tout est sec et stérile chez moi et au-tour de moi ; tout est branché et allumé dans une orgie de connexions, comme à l’image d’une débauche de corruptions.

Pourtant, on est tous liés dans "le bon sens" du terme "sens" comme certains voudraient que l'on soit tous connectés dans le mauvais sens de la connexion. Il ne faut donc pas confondre la French Connection avec la Communion des Saints !

Tout désir insatiable conduirait-il au désert ? Toute assuétude à l’altération des vrais besoins ? Tout manque de mansuétude mènerait-il inéluctablement à la sécheresse et à la dureté des cœurs ? Toute désertion de l’Humain conduirait-elle au crépuscule de l’homo sapiennité ?

La déforestation des arbres à écrans n’est pas, semble-t-il, pour demain. Les forêts vierges ne poussent plus que sur le Net, sur Nexflix, Disney et Amazon... Partout tout n’est que désolation, terres arides, steppes jaunies, à l’image d’un Sahara sans aucune oasis.

Sans se rependre, le monde se répand en sables, en cendres et en poussières.

Les lèvres gercées comme encre sèche et papier desséché, je tente en vain d’écrire et de décrire l’étendue de désastre.

Entre les terres brûlées de soleil et les marécages pestilentiels, je marche dans des visions de grands espaces dépeuplés et désolés...
Comme des cœurs de pierre, le monde est à sec !

Conclusion

Entre le genre humain et le genre littéraire ; entre les mythes de Prométhée et de Pandore ; entre la Chute où il est question de « consommation » du fruit de « l'arbre de la connaissance du bien et du mal » ; entre Adam et Steve Jobs, comme entre les pommes de l’Eden, de Newton et d’Apple, par satellite, fil d’Ariane ou fibre optique, c’est une réalité, tout et lié, relié et connecté.

C’est un fait qu’en réchauffant à l’extrême notre belle planète, nous tentons le diable, faisant croire que c’est lui qui nous éprouve. Parce que c’est « ainsi soit-il », depuis la nuit des temps, des tempes et des temples, c’est une dure réalité « homo sapienne », nous sommes assez sots pour nous éprouver nous-mêmes, bien au-delà des épreuves naturelles.

Au-delà des allégories et des symboles, comme au-delà des croyances populaires et de l’imaginaire collectif, la connexion au savoir, au pouvoir et aux avoirs est-elle une forme de péché des origines ? C’est ce que les anciens nommaient en l’occurrence « La Concupiscence » .

Les « écrans » que nous créons sans cesse, quels qu’ils soient, sont-ils pour cela des « fruits défendus », des fruits des temps modernes, « défendus » bec et ongles par tous les constructeurs et producteurs, par les banques comme par les consommateurs ?

Le GAFAM, les hautes technologies, le libéralisme et le mondialisme entre autres, comme le consumérisme lui-même, sont-ils les seuls responsables, tout en étant de la sorte les gardiens et les répondants d’une sorte de nouvelles religions ?
Seules nos sources spirituelles semblent indemnes ! Entre l’âge du feu et celui des écrans, après avoir asséché toutes les sections de l’esprit et toutes les parcelles de la Terre, nous avons semble-t-il épuisé toutes nos ressources intellectuelles et naturelles.

Après avoir pompé jusqu’aux sangs fratricides et jusqu’aux moelles de la vie sur Terre, nous avons racorni jusqu’aux sens du sens ultime ; nous avons tari l'Amour à coups de monnaie, de technologies et de révolution numérique, nous avons tout commercialisé, tout scannés, analysés et numérisés, et apparemment, il ne nous reste plus comme seul panorama, que des extrémités et des extrémistes dans une aridité extrême; en attendant que l’Humain grand H se réveille, tel un naufragé sur le radeau des médusés, les pieds dans l’eau et la tête au soleil.


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